En savoir plus sur la psychanalyse: pour lire ou pour écouter

Pochette du livre la vie augmentée

Les lectures: synopsis et commentaires

                                              Devenir soi

« Nous avons parfois le sentiment de ne pas être celui que nous sommes, de jouer un rôle, d’être en marge de notre propre vie, sana y adhérer, comme si un souffle d’air passait toujours entre le monde et nous, un voile de brouillard, qui le rend flou, sans saveur, sans goût. Ce monde là n’est pas fait pour nous, nous ne pouvons pas nous en contenter. On ne saurait pas dire pourquoi, on le pressent simplement, on éprouve un malaise et une honte à l’idée de nous fondre dans cette vie. <on ressent un manque, une insatisfaction, une tension intérieure s’intensifie d’une manière si pressante qu’il devient nécessaire de rompre avec celui que l’on était. Cette affirmation est nécessairement violente. Comment dire à ceux qui partagent cette vie avec nous et à qui nous tenons malgré tout à quel point nous désirons en changer ? Accéder à une nouvelle identité est aussi une rupture intime douloureuse, une véritable crise. Il ne suffit pas d’ôter l’uniforme pour donner à sa vie une nouvelle ampleur. », Claire Marin, « Rupture(s) », éditions « La relève », p: 65-66.

LE RISQUE DU CONSENTEMENT

« Le consentement n’est pas de l’ordre du savoir; il est de l’ordre d’une foi dans la rencontre avec un autre qui a un savoir que je n’ai pas. Il peut m’éclairer s’il le veut sur ses décisions, ses actes, ses choix, il ne peut pour autant rendre son savoir transparent au point de me le rendre accessible. Je sais juste que c’est « oui » parce que j’ai foi en lui. Par le consentement je me lie à lui. Le consentement en appelle davantage à la croyance qu’à la raison. Ainsi, avec le consentement, il y a aussi toujours la possibilité de se méprendre, de dire « oui » à une aventure et finalement des retrouver prisonnier d’une autre histoire, qu’on n’a pas choisie. Il y a dans le consentement un sentiment de risque absolu qui est aussi un jeu avec sa propre vie. Il y a dans tout consentement un pari. Je mise tout. Je consens à perdre. », « Céder n’est pas consentir », Clotilde Leguil, éditions PUF, p: 32.

« Tout ce qui agit est réel. Nous ne percevons pas le vent lui-même, mais nous voyons bouger les feuilles dans les arbres. De même, l’inconscient n’est visible que par ses manifestations, mais si nous ouvrons les oreilles une minute, il fait un bruit de fond assourdissant ! Il n’est pas indéchiffrable. Il fonctionne selon des lois bien spécifiques, comme notre organisme qui suit ses propres règles biologiques (…). Asseyons-nous et écoutons ce qui se passe. A nous les super pouvoirs de l’inconscient, de l’intuition, des rêves. A nous cette mine d’informations venues du dedans, à nous notre vérité inaliénable. » Marie-Estelle Dupont, « Découvrez vos super pouvoirs chez le psy », édition Eyrolles, p: 33.

« Soigner? Guérir? Pas comme un médecin, qui applique son savoir, sa science, sur un objet passif, le patient. Mais autrement, en travaillant avec le désir, et la résistance, du sujet. Et Simon aimait que les hommes changent, puissent changer. Laissent leurs maux. Mettent une distance, soient moins tristes, moins blessés, moins misérables, et jouent, apprennent à jouer, à être gais. Guérir une fois pour toutes de l’angoisse, non, sûrement pas. Mais arriver à en faire autre chose, à s’en défendre autrement que par des rituels obsessionnels ou des somatisations, sans parler des comportements délinquants qui visent à tout faire porter au voisin….peut-être. Et de parler de « l’extraordinaire travail », il trouvait la plupart du temps ses patients extraordinaires (…) », Leslie Kaplan « Le psychanalyste », édition « P.O.L », p: 44.

« Alors qu’elle n’attendait plus rien, brusquement, son existence se transforma profondément.
Elle se mit à étudier avec acharnement. On sollicita ses compétences. Elle trouva du travail.
Un soir, un homme prit sa main dans la sienne.
L’hiver suivant, une voix sur son répondeur lui apprit qu’on lui trouvait un certain talent. Elle put renaitre au monde.
Elle avait été morte. La vie lui accordait une seconde chance. En peu de temps, elle connut de grands bonheurs. Mais chaque joie qui lui étreignait le coeur venait lui rappeler que si elle n’avait pas été fracassée par Victor Grandier, sans doute n’aurait-elle jamais atterri un jour sur le divan du docteur H. pour y remettre en question toute son existence. Et maintenant elle était heureuse. Simplement heureuse. » Sarah Chiche, « L’emprise », édition Grasset, p: 177.

"Chaque cas nécessitait une réévaluation fréquente, et en cas d'absence de progrès psychologiques, l'utilisation d'une autre technique s'imposait. Comme aurait dit Einstein:" La folie, c'est faire toujours la même chose et s'attendre à un résultat différent". "On peut se remettre de tout, l'histoire de cinq héros ordinaires qui ont vaincu l'adversité", de Catherine Gildiner, éditions Jouvence, p: 75.

« Le besoin de croyance en un être idéal. Dans la relation addictive, l’autre est nécessairement investi d’un pouvoir, vis-à-vis duquel le sujet est dans l' »attente croyante », tout comme l’hypnotisé est « éveillé vis-à-vis de la personne qui l’a plongé en hypnose », « obéissant et crédule » à son égard. Freud compare ainsi volontiers à la crédulité de l’hypnotisé celle de l’enfant vis-à-vis de ses parents, et parfois celle de l’amoureux vis-à-vis de l’élu(e) lorsque le premier est dans un total abandon de soi. L’idéalisation tend à renforcer la crédulité, et le risque existe d’être emporté par la passion lorsque l’objet se trouve surestimé et paré d’une toute-puissance. C’est le mouvement qui fausse le jugement dans l’état amoureux, nous dit Freud, car « l’objet aimé jouit d’une certaine liberté au regard de la critique; toutes ses qualités sont estimées davantage que celles des personnes non aimées ou que du temps où il n’était pas aimé. » Cependant, si cet autre est ainsi idéalisé dans la relation addictive, c’est pour correspondre chez certaines personnes à ce dont elles ont besoin: pallier leur incapacité d’être seules. », Catherine Audibert, « L’incapacité d’être seul », édition Payot, p:148

« L’observation des bébés au moment des retrouvailles avec leur mère après un temps raisonnable d’absence nous permet d’apprendre que les nourrissons passent par certaines étapes que l’on pourrait qualifier de « récupération psychique » après la solitude qu’ils peuvent avoir éprouvée pendant la séparation. Aux retrouvailles, le bébé peut être pris par une sensation d’inquiétante étrangeté et il semble parfois repousser le corps maternel. Il faut alors lui laisser le temps et la distance indispensables pour « recoller les morceaux » désassemblés par le temps de la séparation. Il ne s’agit sans doute pas de « morceaux » qui constituent sa mère, comme nous avons pu le croire à une époque, lorsque nous pensions encore que l’objet n’était pas pas la personne totale appréhendée dans sa globalité et conservée telle quelle dans la mémoire, mais de morceaux de lui-même. Si nous postulons que le bébé peut percevoir sa mère beaucoup plus tôt que nous le pensions, comme une personne totale et différenciée, le temps de séparation a pu mettre à l’épreuve sa capacité d’être solitude. D’un bébé à un autre, le temps de capacité à supporter l’absence doit être très subjectif. le temps d’absence, qui lorsqu’il est trop long équivaut à un temps de solitude-détresse, est un temps de désorganisation psychique pour le bébé, un temps où il éprouve le sentiment non pas de la finitude, mais au contraire de l’infini, un sentiment de « mort sans fin ». » , Catherine Audibert, « L’incapacité d’être seul », p: 89
 
 

« La morale est un ensemble de normes et de règles qui caractérisent une société et favorisent son existence, sa cohérence, sa solidité et même sa survie. Elle a des fondements philosophiques, car elle est une théorie du bien et du mal, qui fixe par des énoncés normatifs les fins de l’action humaine. En ce sens, la morale est l’ensemble des règles de conduite que l’on tient pour universelles et qui considèrent que la fin ne peut justifier les moyens. La morale consiste à ne pas faire à autrui ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse, c’est-à-dire à tenter de se mettre à sa place, à se représenter les conséquences de ses actes. La différenciation entre l’honnête homme et l’homme pervers est dans la perte du sens moral. Non dans le contenu des fantasmes, mais dans leur maintien ou non dans le registre imaginaire. Le pervers est celui qui exécute son fantasme: il jouit dans le passage à l’acte transgressif et n’a aucune culpabilité. » Dominique Barbier, « La fabrique de l’homme pervers », édition Odile Jacob, p: 61

couverture du livre "monologue de l'attente"
« Je ne veux ni comprendre ni accepter, ni même consentir à la peur.
Moi, je préfère me dire qu’il faut regarder les choses en face et ne rien céder de notre façon de vivre, de se moquer, de tourner en dérision, de s’amuser des mots, de signer ce qu’on veut, de penser sans se préoccuper de savoir si c’est raisonnable ou pas. La psychanalyse en est le témoin et le symptôme. Quand j’ai commencé mon analyse, je l’ai fait essentiellement parce que, ma liberté, je ne pouvais pas en jouir. Jouir de ma liberté de parler, de me déplacer, d’aimer, de travailler, d’écrire et de savoir. Et je ne trouvais pas comment m’extirper de mes empêchements et tortures du moindre choix, de l’aliénation qui enferme, du désir qui prend le chemin opposé. », « Monologues de l’attente », Hélène Bonnaud

« Entre le désir profond de se lier, de s’engager corps et âme, et le désir tout aussi profond de préserver sa liberté, d’échapper à tout lien, quel tohu-bohu ! Or, pour vivre ces exigences contradictoires et d’égale dignité sans être écartelé, il n’y a aucun secours à attendre ni de la philosophie, ni de la morale, ni d’aucun savoir constitué. Il est probable que les seuls modèles adaptés pour nous permettre d’avancer sont la haute-voltige et l’art du funambule. Un mariage ne se contracte pas. Il se danse. À nos risques et périls.  » Christiane Singer, « Eloge du mariage, de l’engagement et autres folies. » édition Albin Michel

« L’enfant thérapeute », Samuel Dock

« Freud, inventeur de la psychanalyse, ne s’y est pas trompé lorsqu’il utilisa la formule resserrée d’être « apte à l’amour et au travail » pour désigner une « normalité » psychique. Être apte à l’amour signifie être capable de se lier, de s’inscrire dans des échanges intersubjectifs. Être apte au travail implique de pouvoir assurer sa propre subsistance sans que cette indépendance se fasse au détriment de qui que ce soit. Être apte à l’amour et au travail, c’est pouvoir inscrire son individualité dans la collectivité, son unicité dans une totalité, sans y disparaître, sans la supplanter. Freud n’a jamais perdu de vue la vocation sociale et, par là même, humaniste du soin psychique. » p: 45, Samuel Dock, « L’Enfant Thérapeute »

« La peur de guérir », Patrick Delaroche

« Sur le plan psychique, si les symptômes qui traduisent une interdiction de vivre, d’être heureux, de jouir, peuvent être très douloureux, ils instaurent un équilibre: souffrir permet aussi de payer sa dette. C’est pourquoi la psychanalyse fait peur. Et une fois la démarche engagée, il est difficile d’avancer: la culpabilité et le masochisme nourrissent les résistances. » Patrick Delaroche, « La peur de guérir », Albin Michel 2003.

Les symptômes contre lesquels nous nous débattons (phobies, TOC, angoisse, addictions…)ont été mis en place par nous-mêmes, inconsciemment, pour nous protéger. Vouloir se libérer de ces symptômes en consultant un thérapeute ne va pas toujours de soi. En effet, il est difficile de se débarrasser de défenses que nous avons mis inconsciemment en place. Nous fonctionnons avec ces défenses depuis l’enfance, et les faire disparaître peut être synonyme pour notre inconscient de mise en danger de notre intégrité. Voilà pourquoi certaines thérapies analytiques sont interrompues par le patient, ce dernier pouvant ressentir comme angoissante la levée de ses symptômes

« Je veux être un homme bien », Monique Lauret.

« Face aux vicissitudes de la vie, ce type de thérapie (la psychanalyse) est un chemin possible à quiconque voudrait s’accomplir dans toutes ses dimensions: physiques, psychiques et spirituelles; à quiconque voudrait accéder à cette part irréductible de l’être humain, ouverte au jaillissement de la vie et à la créativité; à quiconque voudrait devenir un « Homme bien », Monique Lauret, « Je Veux être un Homme Bien », Le Lys Bleu.

« Ce ne sont pas les autres qui nous barrent la route de l’accès à nos désirs amoureux, mais plutôt nous-mêmes. » p: 65; « Juan était un enfant très angoissé et replié sur lui. Ces rêves de chutes, d’être laissé tomber ou perdu dans le noir évoquent des vécus de « dépression primaire », très tôt vécue dans la petite enfance. » p: 57 

Que signifie « être quelqu’un de bien » ? Bien pour qui ? Bien pourquoi et pour quoi ? Dans cet ouvrage de Monique Lauret, nous découvrons le cheminement psychanalytique d’un jeune homme, Juan. Grâce à sa thérapie, Juan va-t-il réussir à résoudre cette énigme existentielle ?

couverture du livre "monologue de l'attente"

« Les monologues de l’attente », Hélène Bonnaud

Hélène Bonnaud, psychanalyste, nous fait voyager avec « Monologues de l’attente » dans les réflexions de patients, Didier, Bérangère, Louise, Victor, Anne-Sophie, dans la salle d’attente de leur psychanalyste. Impossible, en tant que lecteur, de ne pas s’identifier à l’un d’eux et de ne pas partager un peu de leur souffrance, de leur culpabilité ou de leurs rancunes. Car une séance de psychanalyse commence avant d’entrer dans le cabinet et l’inconscient commence déjà à travailler dans la salle d’attente.

« Elle me fatigue. Je ne suis jamais où elle voudrait que je sois. Nous sommes des à-côté de l’amour, des à-côté de la vie aussi sans doute. » p: 19; « Quand j’ai commencé mon analyse, je l’ai fait essentiellement parce que, de ma liberté, je ne pouvais pas en jouir. Jouir de ma liberté de parler, de me déplacer, d’aimer, de travailler, d’écrire et de savoir. » p: 35; « J’ai commencé l’analyse au moment où je me confrontais à une série d’échecs dans ma vie. » p: 85.

couverture du livre "ma mère ce fléau"

 

« Ma mère, ce fléau » Catherine Siguret

« L’imaginaire collectif tient la mère pour une personne bienfaisante, pourvoyeuse de tendresse et de cet amour sans limite dont on apprendra adulte qu’il ne pouvait venir que d’elle. Quiconque ose élever une voix différente, dissonante même, dans un tel concert de louanges, s’expose à la plus vive répréhension. Mieux: on le fait taire. En résultent une douleur rentrée, un chagrin d’amour tu, la peine d’avoir perdu ce que l’on n’a jamais connu.  » Catherine Siguret, « Ma mère, ce fléau » p: 7, édition Albin Michel.

 

 

« L’anti-mère », Marie-Estelle Dupont

« Depuis « Vipère au poing », la figure maternelle malveillante avait disparu. Elle était soit épanouie jusqu’au bout des ongles manucurés malgré les nuits blanches, soit en train de prôner l’avortement en guise de liberté.J’étais embarrassée car cette figure d’une mère qui n’avait eu de cesse de détruire sa seule fille me parlait. Or, mes patientes victimes de cette jalousie taboue niée par leur père en général, lui-même tenu par le chantage d’une épouse « reine-mère », exprimaient leur fragilité soit par une forme de dépression anxieuse chronique, soit par des somatisations les empêchant de se réaliser, l’inconscient sachant parfaitement que si elles réussissaient trop bien, la jalousie de leur mère ne serait plus possible à nier. Les filles de mères « haineuses » mettent des années avant de cesser de s' »annuler » constamment. » Marie-Estelle Dupont, « L’anti-mère » p: 14, Albin Michel.

« Les mots pour le dire », Marie Cardinal

« Pour commencer, j’étais venue dans l’impasse (c’est-à-dire au cabinet du psychanalyste) avec l’idée de ma faire prendre en charge pendant quelque temps par un médecin qui ne m’hospitaliserait pas. (Je savais que les psychanalystes ne mettent pas leurs patients à l’hôpital). J’avais peur de l’internement comme j’avais eu peur de l’opération qui aurait amputé mon ventre. Je m’étais sauvée d’une clinique pour venir dans l’impasse mais je croyais que je venais trop tard, que je retournerais dans une clinique psychiatrique. », Marie Cardinal, « Les mots pour le dire » p: 16.

« Mensonges sur le divan », Irvin Yalom

Le personnage principal du roman, Ernest Lash, est un psychanalyste reconnu en Californie. Il décide d’adopter une approche plus sincère et plus intime de la thérapie. En étant plus proche de ses patients, il espère rendre la thérapie plus efficace. Or la première patiente de cette nouvelle expérience est l’ex-épouse d’un ancien patient. Cette dernière est persuadée qu’Ernest Lash est responsable de cette séparation et qu’il a influencé son ex-mari à demander le divorce.

Un thriller psychanalytique passionnant !

 

Le temps.
« Très souvent, les patients se présentent en état d’urgence. Un évènement récent leur est tombé dessus. Ils s’en plaignent. Mais comme aimait à le dire François de Tosquelles: « Il n’y a pas d’urgence, il n’y a que des gens pressés ». Pressés, en l’occurence, de se débarrasser de ce qui les fait souffrir. Alors il y a urgence…à prendre son temps ! « L’urgence du psychanalyste est de transformer cette plainte en symptôme… »
Le temps, c’est autant la durée des séances, que la durée de la cure. Souvent les patients me demandent deux choses: combien de temps durent les séances et combien de temps « ça » va durer ? Généralement, je ne leur réponds pas, sauf parfois un: « Ça va durer le temps qu’il faut ». Le temps qu’il faut pour le jaillissement de l’inconscient à chaque séance. « , Joseph Rouzel, « La Technique du Divan », édition Le Retrait, préface de Monique Lauret, p: 71.
Compulsion de répétition:
« Enfin, à refaire toujours les mêmes choses, il est certain (d’une certaine manière seulement) de ne jamais se tromper en se trompant toujours:
« On a tellement appris de nos erreurs qu’à présent on les réussit à la perfection », écrit Jonathan Coe.
Plus névrotique que le « Essayer. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux » de Samuel Beckett. »

« Les ruptures sont nôtres, qu’on les décide ou qu’on les subisse. Rompre avec sa famille, ses amis, son amant, son milieu, changer de métier, de pays, de langue; les ruptures nous construisent peut-être plus encore que les liens. Notre définition est tout autant dans nos bifurcations que dans nos lignes droites, autant dans les sorties de route, les accrocs au contrat que dans le contrat lui-même. », « Rupture(s) » de Claire Marin édition « La relève », p: 13.

« Nous croyant des sujets parlants, nous sommes en réalité des sujets parlés. Avant de pouvoir déchiffrer ce qui nous a intoxiqué, nous nous faisons « l’alphabet vivant », comme le disait Lacan, de cette étrange substance faite de lettres et de mots, de phrases et de silences, d’émoi et de trouble, que nous n’avons pas vu venir et s’immiscer en nous. », « L’ère du toxique », Clotilde Leguiléditions PUF, p: 58.

Le manque
« Certes, chacun est condamné au manque, mais il nous revient d’en faire quelque chose. C’est cet écart et ce ratage entre ce qui est cherché et ce qui est trouvé qui laisse une marge pour le « Je ». On peut appeler cela de l’insatisfaction. On peut aussi appeler cela du désir. La possibilité même de désirer autre chose que ce qu’on a et que ce que l’on est ouvre un espace pour le « Je ». La possibilité de faire l’expérience du manque est donc, du point de vue psychanalytique, une chance pour le sujet et pas seulement une malédiction. Car sans le manque, aucun désir ne peut advenir et, à en croire Lacan, le manque du manque provoque même l’angoisse. », Clotide Leguil, « Je, une traversée des identités », édition PUF, p: 114.
Des lieux pour la parole.
« Il est crucial qu’il existe des lieux où cette rencontre avec la psychanalyse reste vivante. Celle-ci est un refuge pour celui qui a subi un dommage, une perte – nous appelons cela un traumatisme. Pour en faire quelque chose et ne pas être rongé ou avalé par ce trauma, un sujet doit pouvoir s’adresser à celui qui s’est lui-même construit avec sa particularité – c’est-à-dire avec son symptôme – et que nous appelons « psychanalyste ». Venir lui dire son tourment, c’est pouvoir s’en détacher tout en l’appréhendant d’une autre manière. Ainsi le sujet construit-il un nouveau savoir. » Hélène Bonnaud, « L’inconscient de l’enfant », préface de Jacques-Alain Miller, éditions Navarin – Le Champ Freudien », p: 24.
« Le fantasme est une sorte de scénario, en général inconscient, qu’au cours d’une analyse on va cerner jusqu’à le réduire à une courte phrase; scénario qui met en scène le rapport à l’autre. Dans le fantasme, l’Autre veut rarement du bien au sujet: il y est question d’un autre qui lui veut du mal.
Le fantasme , s’il soutient le désir du sujet, détermine sa vie à son insu: telle personne qui a un fantasme d’abandon se retrouvera toujours dans des situations où l’Autre le laisse tomber au sens propre ou figuré; tel autre dont le fantasme est « on abuse de moi » vivra à répétition des expériences où il sera d’une façon ou d’une autre abusé.
« – Ce n’est pas le premier de vos compagnons qui exerce sur vous une sorte de violence morale.
– Non…
– Quel est le point commun entre tous ces hommes ?
– Je ne sais pas. Ils sont tous très différents. (…) Moi ?  » (paroles d’analysant)
« Dits de divan », Valérie Blanco, édition L’Harmattan, p: 83.
« Quitter sa famille, son origine, sa ville natale, le déjà-vu et l’assurance d’une familiarité sans fracture – quelle vie singulière n’est-elle pas à ce prix ? D’être infidèle à ce qui vous a été non pas transmis par amour mais ordonné, psychiquement, généalogiquement, sous peine de destitution. L’épreuve initiatique d’une seconde naissance reste toujours et plus que jamais nécessaire. Il nous faut partir, nous défaire de nos codes, nos appartenances, notre lignée. Toute oeuvre est à ce prix. Et tout amour je crois. La dépression est l’envers de se quitter. C’est ne pas pouvoir se déprendre, se défaire, se délester à temps, s’abandonner à l’ailleurs, pour risquer sa vie. »
 
 
 
 

 

 
 
 

« De toutes les choses qui restent de cette journée du 17 juin 1905, il y a des traces qui se sont imprimées dans l’histoire familiale et dont les conséquences sont là, remontées elles aussi jusqu’à nous, ou au moins peut-être jusqu’au suicide de mon père. Ce que je crois, c’est que celui-ci, en 1983, se suicide aussi, pas seulement ni exclusivement, mais aussi, à cause d’un mariage de 1905. Je crois que ce qui s’est passé là est une mécanique précise et invisible d’enchaînements que rien n’aurait pu arrêter, comme un mécanisme meurtrier. Ce qui se joue là, ce ne sont pas seulement les cris et les danses, les jeux, les rires d’une noce, c’est le nom même de ce qu’autrefois on appelait la fatalité, le nom du déterminisme social, comme on l’appellerait aujourd’hui, le nom de l’histoire, l’histoire et les histoires qui pivotent sur elles-mêmes et glissent, vacillent, emmêlées les une aux autres et de si loin dans le temps que personne ne peut plus en démêler l’écheveau. » Laurent Mauvignier, « La Maison Vide », p: 252, Les Éditions de Minuit.

Anne Dufourmentelle, « La femme et le sacrifice« .
« Les rituels que nous instaurons le plus souvent à notre insu n’ont d’autre but que de détourner la perception de la violence et de l’ajourner quelque peu, de réinscrire une douceur répétitive, rassurante, de nous raccrocher à des codes moraux connus et partagés par d’autres.
Qu’ils viennent brutalement à céder et les risques de passage à l’acte, de dépression ou de suicide sont alors mis à nu. Si les rituels viennent à perdre leur rôle de bouclier contre l’angoisse, c’est l’univers familier tout entier qui est menacé d’effondrement. Et je parle surtout des rituels qui sont le moins visibles: le même café noir au même bar-tabac du matin, la sempiternelle promenade, la conversation du soir avec le collègue en quittant les lieux de travail, les manies, les petits mots qu’on se répète comme autant de paroles magiques contre l’adversité… ils font office de liens, essayant de recréer, envers et contre tout, la trame d’un monde humain. », édition Denoël, p:79.
 
 
 
 
 
 

Les vidéos et les films sur la psychanalyse

Les deux saisons du film « En Thérapie » sur Arte, recréent parfaitement le cadre d’une thérapie psychanalytique. Le personnage du psychanalyste joué par Frédéric Pierrot est très juste ainsi que ceux des patients, représentatifs de la diversité des symptômes et des causes pour lesquelles nous pouvons être amené à consulter un analyste.

La chaîne « Vas Te Faire Suivre » traite également des différents concepts et symptômes psychanalytiques, en les illustrant. En voici un exemple sur le concept d’inconscient freudien.

« Le Bal des Folles » est un film réalisé par Mélanie Laurent, adapté d’un un roman de Victoria Mas. Cette histoire se déroule en 1885, du temps du professeur Charcot, célèbre pour ses expériences sur les symptômes des femmes hystériques. Ce « bal des folles » est en réalité un bal de la mi-carême, organisé par Charcot dans son asile, où les femmes hystériques pourront danser et se déguiser sous l’oeil des bourgeois parisiens. Dans cet univers, nous suivons le destin d’Eugénie, incarcérée à tort à l’hôpital de la Salpêtrière et découvrons le sort réservé aux femmes hystériques au 19ème siècle.